J’ai de la chance ?

Dimanche soir, 22 heures, et me voilà à nouveau en train de défaire mes chaussures de tango, assis là sur ce banc, à côté des copains et des cavalières qui m’ont accompagné toute cette soirée.

 

Fatigué, après 3 ou 4 heures, mais satisfait et prêt à recommencer. D’ailleurs les échanges sont souvent sur ce thème : la prochaine c’est…tu vas chez…

Les mordus, les accros…j’en fais partie. Et pourtant quand j’ai commencé le tango il y a quelques années je ne me voyais pas tomber dedans à ce point.

 

Le hasard aurait pu m’orienter vers une autre activité. La danse country, ou le tai-shi, ou la chorale…

Au début c’était pour moi une danse un peu plus sophistiquée que les autres. Et puis plus mon initiation avançait et plus je voulais persévérer.

En tant que guideur j’ai plusieurs fois failli abandonner. Je ne profitais  même pas de la beauté de la musique ou de l’élégance des figures, absorbé par toutes les contraintes techniques.

En face, les cavalières commençaient, elles, à prendre du plaisir, à s’abandonner, alors que je continuais à batailler avec mon corps et ma mémoire des figures.

Aujourd’hui je n’arrive plus à en sortir. Je fais de la résistance comme je peux. Parfois je vais au ciné, je pars en rando, je fais des sorties restau…Mes oreilles sifflent, mes pieds me démangent, mon bras gauche se lève convulsivement….

Je rentre chez moi et me jette sur l’ordinateur pour consulter les programmes…des milongas…

 

Alors je me dis que j’ai de la chance.

De la chance de pouvoir vivre cette occupation à ce degré, sans personne pour me juger.

De la chance de trouver rapidement comment organiser mes prochains week end, mes prochaines vacances.

De la chance de concilier une activité physique avec le plaisir de tenir une femme dans mes bras tout en écoutant de la musique sympa.

De la chance enfin de garder la pêche, d’avoir un objectif…une passion !

 

Bon week end, bonne milonga !

Claude Gosselin