J'ai du mal...

 

J’ai du mal à vivre ma situation privilégiée de tangueros alors que les Gilets Jaunes se battent tout autour de moi pour faire connaître leurs immenses difficultés à vivre, à subsister.

Je découvre l’état de misère dans lequel vivent bon nombre de compatriotes, alors que jusqu’à ces derniers temps mes principales préoccupations concernaient l’organisation de mes prochains déplacements pour participer à tel ou tel festival.

Quel décalage ! j’ai presque honte !   Ca me coupe mes envies de me rendre aux évènements qui sont pourtant annoncés dans nos réseaux tangueros, sur FB ou au moyen de messages individuels. Dans notre milieu du tango les réactions commencent à apparaître. Certes la vie ne doit pas s’arréter. Nous continuons tous plus ou moins à vivre selon nos habitudes. Mais nous sommes affectés. Quelques uns réagissent notamment sur FaceBook en relayant des textes, des vidéos.

Les commentaires montrent combien cela nous affecte, combien nous comprenons, combien nous acceptons ce mouvement, même si les blocages des rond points ou autoroutes gênent nos déplacements, ou peuvent retarder nos rendez vous.

Qu’est ce par rapport à l’enjeu de ce qui se passe en ce moment ? Nous sommes en train de vivre un évènement certainement historique. La société et ses rapports avec ses dirigeants vont peut être changer, notre vie de tous les jours risque d’être modifiée. Dans quel sens ? C’est la grande inconnue.

Nous restons cependant des privilégiés. Même si pour la plupart nous ne roulons pas sur l’or. Nous sommes des bons vivants, des fêtards.

J’espère que nous continuerons à avoir cette même vision de la vie.

Un Abrazo à tous…et un encouragement sincère aux Gilets Jaunes.

 

Claude Gosselin

 

 

 

Commentaires

Comment: 

Je reconnais bien là Claude ta sensibilité à l'égard de la détresse qui s'est exprimée lors du lancement de ce mouvement.
Je comprends ce qui a surgi même si le point d'entrée choisi, la hausse des carburants, n'était sans doute pas le meilleur. Peu importe, il a servi de déclencheur et c'était sans doute nécessaire.
Parmi les "privilèges" relatifs dont je bénéficie en raison de mes études (financées en travaillant) et de mon implication professionnelle, il y a celui de pouvoir voyager aujourd'hui et partager le quotidien d'autres pays.
En particulier l'Argentine qui je l'assure à tous les lecteurs, présente des écarts de revenus, des comportements politiques, des niveaux de corruption à se dresser les cheveux sur la tête.
La pauvreté touche ici une grande partie de la population et quasiment la moitié des enfants. Et nombre de pays connaissent des situations bien pires.

Les manifestations sont permanentes mais personne n'a l'idée de saccager les biens collectifs ou l'acivité économique car chacun sait très bien que cela ne peut rien faciliter.

Les gens d'ici regardent avec effarement les images de la France en proie à ce qui relève désormais d'un comportement insurrectionnel mettant en jeu les racines de la République.

Je ne sais ce que va annoncer Emmanuel Macron dans quelques heures mais, personnellement, j'ai mal à mon pays, mal à la démocratie et je voudrais que les gilets jaunes prennent la mesure de l'irresponsabilité dont il a été fait preuve ces derniers jours, au bénéfice de ceux qui, à visage masqué, attisent le feu de la colère au détriment de la volonté de dialogue.

Je suis persuadé que je vais me faire bien plus d'ennemis que d'amis par les temps qui courrent mais pour moi, il est urgent de dire STOP à la démocratie par la rue et à l'absence de projet politique cohérent.
Bien à vous
Christian