Je n’aime pas le l’hiver !...

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Un tanguero (mais cela pourrait être n'importe qui) nous raconte sa mésaventure hivernale (et en même temps enrichit notre vocabulaire...)

Je n'aime pas l'hiver !...

Neuf heures trente du matin. Déjà ! Merde ! Faut que j’me lève. J’enfile mon pantalon posé sur le porte-manteau.  Dehors, il neige. Mais pourquoi faut-il aller au boulot ! En plus, un boulot de débile. J’en ai marre de cet hiver qui n’en finit pas. Je sors de la maison. Un vent gripizzard* traverse mon corps, j’ai l’impression d’être la proie de milliers d’aiguilles qui s’enfoncent dans ma chair. (* gripizzard* : le gripizzard est un blizzard qui déclenche la grippe) Quel temps de chien ! me dis-je tout en claquant la porte derrière moi. J’avance sur l’allée couverte de cette saloperie de boueige* qui colle aux semelles (*La Boueige est un mélange de boue et de neige.)Bien sûr, je suis encore en retard. Comme d’habitude j’accélère le pas. Pas bon de se presser sur cette poudreuse. Un moment de distraction et voilà mes deux pattes qui glissent en avant ! Ah ! Jolie araberrissage* ! (* araberrisage : arabesque qui se termine par un atterrissage brutal sur le postérieur). Et merde ! J’avais dis à Germaine (la bonne) de saler le trottoir hier soir. Il faut tout lui répéter, tout le temps la même chose. Une vraie tête de linotte. Bon ! Je me lève tant bien que mal. Je cherche mes lunettes. Non ! Elles se sont écrasées dans ma chute ! pffffff ! Je me dirige vers la voiture. Je cherche les clés dans mon saclise*. (* un saclise est un sac aussi grand qu’une valise). Trop grand ce saclise* ! Trop de choses dedans ! Ça m’énerve. Je ne trouve jamais ce que je cherche ! Un cadeau de ma mère ! Tu parles d’un cadeau, elle m’aurait acheté une malle que ce serait pareil !Ah ! Ça y est, je me rappelle, elles sont restées sur le meuble de la cuisine. Pas grave, je reviens sur mes pas, je cherche les clés du portail au fond de mes poches. Pas de clés. Je réalise que j’ai claqué la porte et que les clés sont restées à l’intérieur. Et merde !Je reste là, planté, immobile. Le gripizzard vient me rappeler que mes orteils sont gelés dans mes jolies chaussures en croco. (* Gripizzard : normalement je vous ai déjà donné la définition). Alors que mon chef parti aux sports d’hiver doit contempler en ce moment de magnifiques coclitons*, ces petites fleurs réputées, qui poussent au soleil en altitude, qui vous envoûtent simplement en les regardant ; (*Cocliton : fleur hallucinogène, rouge et blanche, très fragile, qui pousse en hiver en montagne à 3257m d’altitude), moi, c’est le froid qui va finir par m’envoûter, me paralyser, si je ne trouve pas une idée rapide et efficace pour ne pas finir en glaçon ! Heureusement je suis malin ! J’ai toujours une solucours* (*solucours : solution de secours). J’ai mis un double des clés dans une petite boite en fer au fond du jardin, dans un trou caché par une pierre. Je trouve la pierre, la déplace, je me baisse pour passer la main dans le trou, quand brusquement un vilain crapaud me saute au visage. Ecœuré, je tomverse* ( tomverser : tomber à la renverse) et me casse le poignet en voulant amortir la chute. Là, c’est trop ! TROP ! BEAUCOUP TROP ! Avec mon poignet valide, j’appelle les pompiers qui m’amènent à l’hôpital, toutes sirènes hurlantes pour que tous ces imbéciles de voisins, qui n’en ont rien à faire de mon malheur, soient au courant ! Quelques heures après je me retrouve dans un lit d’hôpital avec une vilaine fracture qui m’immobilise tout le bras jusqu’à l’épaule.Je savais en me levant que la journée allait être une journée de merde. Je voulais rester couché, et bien me voilà couché pour une semaine !

José DIEZ