Retour de Tangopostale - Mermoz

Depuis bientôt une semaine c’est le même scénario, " lever tard", après un "coucher tard". Les journées s’enchainent et mon corps essaie de suivre, avec quelques hésitations, quelques réticences…Il faut tenir le coup, ne pas rater la milonga de cet après midi, après le concert d’hier, les expos, animations de rue…et surtout, surtout, garder un peu d’énergie pour le bal du soir à Mermoz…instant magique où le Tout Tango Toulousain, et maintenant européen, et mondial (!) se retrouve dans cette immense et belle salle.

Pour l'Eterna milonga de l'après midi, on a droit à un décor somptueux, entre la magnifique Basilique de la Daurade (début de construction au V siècle) nichée entre les bâtiments du quai, et la coupole de La Grave de l'autre côté de la Garonne, pour ne citer que ces deux monuments. L'endroit respire la beauté, la sérénité, l’air y est pure, la vue magnifique sur les reflets de la Garonne accentués par la douce lumière du soir. Un sentiment d’être très privilégiés nous envahit lorsque notre regard quitte un instant la piste de danse pour englober ce panorama…

Un grand escalier nous conduit à l’accueil de la salle Mermoz où nous sommes attendus par une armée de bénévoles, tous souriants et détendus, puis passage devant le bar (c’est trop tôt pour y faire un stop…) et la collection des vêtements exposés déjà furetés par quelques tanguéras en quête de la tenue originale.

Plusieurs dizaines de couples tournoient déjà sans se bousculer (c’est encore trop tôt…). Bonjour… bonsoir…salut… comment ça va… tu restes jusqu’à quand…à tout à l’heure…

Je repère des amis installés autour d’une table et par chance ils m’invitent à les rejoindre.

Un grand nombre de chaises permet à tout le monde de se reposer quelques instants avant de retourner en piste.

Une connaissance là bas..., disparue…, impossible de la retrouver…entre aperçue et vite noyée dans le nuage bourdonnant des abeilles retournant à la ruche…Il faut vite accrocher une partenaire avant qu’elle ne disparaisse. L’impression d’être à la pêche, je tends mon filet et essaie d’en attraper une au passage ! Une autre solution consiste à aller inviter celles qui se sentent oubliées, assises sur les chaises bien rangées…Petit aparté pour les cavalières qui pourraient se plaindre, à juste titre, de ne pas être suffisamment invitées, ici comme ailleurs, il est beaucoup plus facile de l’être, et de vous-même inviter, en restant debout dans le flux des danseurs...

Comme dans tout bal qui se respecte on a droit à une musique de qualité, sélectionnée par un DJ du même nom. Les intermèdes sonores de l’orchestre invité se distinguent par un tempo légèrement différent, et des vibrations d’une grande profondeur…

Puis c’est la démo des maestros (les noms et détails sont sur le site de Tangopostale) qui œuvrent comme d’habitude, comme des oiseaux en cage, entourés par trois cercles de passionnés, assis sur le sol, béats d’admiration pour ces dieux qui font rêver, l’espace d’un instant…avant que nous reprenions tous notre "tango train train", hé oui, parce que maintenant il y a pléthore de danseurs et les grandes arabesques et jetés de jambes sont rigoureusement proscrits !

C’est tant mieux parce que je commence à être fatigué et c’est la troisième fois que je regarde l’heure…il est temps d’aller rejoindre l’endroit où tout est calme, et où mon corps pourra enfin rester au repos... jusqu’a demain !!

Claude Gosselin