Retour du Carnaval de la Quebrada de Humahuaca

Le carnaval de la Quebrada de Humahuaca

 

Dans la plus septentrionale des provinces argentines, celle de Jujuy, toute proche de la Bolivie, la tradition du Carnaval est profondément ancrée.

Celui-ci, qui dure plus d’une semaine, attire une foule incroyable de tout le pays et bien au-delà ; les encombrements sur l’unique route qui conduit de San Salvador de Jujuy à La Quiaca en témoignent … jour et nuit jusqu’au lever du soleil !!!

A l’invitation de Memo VILTE, chanteur, auteur, compositeur  que l’équipe de Tangopostale (merci Domi !) a accueilli en juin et décembre 2014, je m’y suis rendu le mois dernier pour 4 jours : résidence Purmamarca, destinations : toutes les villes de la Quebrada à raison de 3 par jour (entendez par 24h) réparties sur des sites plus beaux les uns que les autres.

Attention, je vous le dis tout de suite, mieux vaut avoir 25-30 ans que 65 car le rythme est dense, et il ne faut pas avoir peur d’avaler des kilomètres, du talc et de la farine, mêlés aux confettis et à la neige artificielle (les yeux et les oreilles sont également concernés et je ne parle pas des cheveux). Bon c’est vrai on boit aussi beaucoup car les verres (d’un litre) passent de main en main, vin bière, mélanges locaux, Fernet,… et pas question de refuser, surtout quand le diable s’en mêle.

Non non, ce n’est pas une formule en l’air car une fois le « diablito » désenterré, la fête commence par l’arrivée de pas moins de 300 diables, diablesses et diablitos qui déferlent de la montagne (par exemple dans le tout petit village de Iquia, qui compte à peine plus d’habitants).

Le « desentierro » permet d’ouvrir le carnaval par la libération des forces de la joie (si, si) et tout le monde de chanter « libère moi carnaval », l’idée étant d’y venir « soltero » (célibataire) c’est à dire non accompagné (bon de ce côté-là, pas vu d’abus, l’idée est surtout de se sentir libre d’aller de droite et de gauche et de rentrer quand on n’en peut plus).

On danse beaucoup (ce serait plus juste de dire qu’on saute beaucoup : pas besoin d’être un cador des danses traditionnelles, les  rythmes genre cumbia dominent largement, hélas).

Heureusement, à Purmamarca, le « carnaval a caballo » de Memo (voir la video), qui reprend une ancienne tradition, s’accompagne de la mi-journée à minuit de la venue d’orchestres amis jouant en continu (zambas, coplas, chacareras, escondidos, carnavalitos pointent le nez).

Bon, si on n’accompagne pas Memo, ça doit être moins dur et nombre d’aspects culturels ont heureusement retenu mon attention comme la confection des costumes, les desentierros, les célébrations de la Pachamama, les anciens chantant d’interminables coplas, les asados dans les arrière-cours, sans parler de l’incroyable gentillesse des gens.

 

 

Les diables à Iquia

 

La foule à Iquia

 

La fête dans un « Fortin » à Tilcara

 

Le coucher de soleil à Humahuaca

 

Les dons à la Pachamama dans la communauté indienne de Chila-Chila

 

Les enfants de « Gestos de amor » à l’honneur

 

Memo et les musiciens qui l’ont accompagné à Toulouse