Tango, se rencontrer, s'écouter, communiquer

Compte rendu de l'atelier

«Tango, se rencontrer, s'écouter, communiquer»

 

qui a précédé la milonga avec le chanteur David Castro, dimanche 15 mars 2015,

à Auch organisé par Tango en'corps Gers, Tél: 06 77 96 02 75.

Soutenu par le FITT qui a à cœur de s'occuper, entre autre, de la convivialité des milongas.

 

Ce qui a été exprimé sont des choses, pour la plus part, déjà dites ou ressenties.

Mais cet atelier et ces notes sont là pour amener cependant de la découverte, et de l'inspiration à chacun dans ce qu'il est capable de changer pour plus de confort.

Il y a une bonne volonté d'améliorer le contact des uns et des autres. Il s'agit d'y mettre aussi la notion de respect et de partage.

Christine Foucher,

 

Ce que j'aime dans un tango?

 

  • un bon abrazo

  • une bonne posture

  • une écoute mutuelle

  • de la tendresse

  • Recevoir l'attention de l'autre

  • être en complicité, en harmonie

  • que l'autre s'adapte au niveau

  • laisser la place à l'autre

  • être en complicité

  • être dans la musique

  • Quand la dernière note est marquée avec le mouvement

  • une belle marche ou des pas simples dans la musique

  • quand l'autre chante (avec une belle voix) en même temps que les paroles du tango.

    Mais cela représente un problème pour quelqu'un d'autre qui pense que celui ou celle qui chante se coupe de l'écoute du couple.

  • Sentir de l'unicité dans le couple

  • accepter le côté masculin et féminin de chacun

  • Un bon tango, c'est quand à la fin du morceau, on n'arrive pas à se lâcher. D'où le fait de rester quelques secondes encore en abrazo.

 

 

Ce qui gêne dans un tango?

Et idées pour améliorer

 

Côté kinesthésique

  • Un vêtement mouillé de sueur

  • une personne en transpiration, dégoulinante, visage en sueur

  • Il y a des matières dérangeantes au contact ou qui glissent, nylon, soie

  • Certaines femmes ne sont pas toujours assez habillées. Il y a une certaine pudeur à être en contact avec une grande surface de la peau de l'autre. C'est trop d'intimité corporelle.

 

Idées pour améliorer

  • avoir des lingettes sur soi pour s'essuyer

  • Cessez le «je n'y peux rien ». Il est possible de faire des pauses pour gérer la sudation.

  • Se changer, comme le font déjà certaines personnes, dans la soirée.

  • A chacun sa responsabilité de refuser ou pas une invitation si quelque chose gêne. Si possible en donner les raisons pour faire avancer la prise de conscience. Par ex, invite moi en début de milonga quand tu n'es pas en sueur ou, peux-tu changer de vêtement?

  • La veste que porte l'homme le protège du contact «non désiré» pour certains, de la peau dénudée de la femme. Il fait barrière aussi de la sueur. Mais cette veste est-elle confortable, agréable pour la femme?

 

Côté Odorat

  • les odeurs que peuvent porter l'autre et qui dérangent: café, cigarette, vin, friture/cuisine.

  • Les odeurs de digestions difficiles. Non merci aux milongas avec charcuterie.

  • Certains parfums. Et aussi les odeurs de déodorant ou d'after shave.

  • La mauvaise haleine.

 

Idées pour améliorer

  • Si on remarque que, un proche ou un(e) ami(e), a mauvaise haleine, le dire pour lui rendre service.

  • A chacun sa responsabilité de refuser ou pas une invitation si quelque chose gêne. Si possible en donner les raisons pour faire avancer la prise de conscience.

  • «Soigner» son haleine avec les bonbons mentholés ou autres. Propositions de substances plus naturelles comme les graines de cardamome ou choisir des huiles essentielles. Si problème plus profond, aller à la source (problème d'estomac).

 

Autres gênes ou idées de solutions

  • parler ou discuter après le morceau de musique et non pas pendant.

  • Il y a des tenues vestimentaires qui ne plaisent pas : par exemple le simple jean chez l'homme. Le short et sandales dans une milonga.

  • Quelqu'un qui machouille

 

Puis d'autres sujets sont venus tels que: la façon d'inviter, le niveau de danse, etc. De quoi créer d'autres ateliers de paroles autour de la rencontre du tango.

 

Pour compléter, consulter

http://www.tangoquebec.org/PDF/Ethique%20au%20tango.pdf  et/ou

http://www.marseilletango.fr/tango-argentin.htm

Ainsi que danslesol.fr forum d'échanges et informations de Claude Gosselin.

 

REPONSES/ECRITURES/INSPIRATIONS de Franck

suite au compte rendu de l'atelier « Tango se rencontrer, s'écouter,

communiquer » de Tango en'corps Gers

 

Ce que j'aime dans un tango ?

 

  • un bon abrazo (confort, sécurisant, fermé, ouvert, qui s’ouvre et se ferme, fermeté/douceur ?)

  • une bonne posture (difficile de se tenir droit tant qu’on n’a pas les yeux dans les pieds !)

  • une écoute mutuelle

  • de la tendresse ( ?, c’est un sentiment paradoxal dans ce contexte, je préfère « de l’attention » car le tango doit rester un jeu et un jeu de rôle de séduction dans notre temps de loisir ≠ agence matrimoniale)

  • recevoir l'attention de l'autre

  • être en complicité, en harmonie

  • que l'autre s'adapte au niveau (et la réciproque est vraie !)

  • laisser la place à l'autre

  • être dans la musique (enjeu de formation en cours, hélas trop rarement travaillé au profit des figures)

  • quand la dernière note (de la mesure ou phrase musicale ?)est marquée avec le mouvement (fermeture ?)

  • une belle marche ou des pas simples dans la musique

  • quand l'autre chante (avec une belle voix) en même temps que les paroles du tango.

Mais cela représente un problème pour quelqu'un d'autre qui pense que celui ou celle qui chante se coupe de l'écoute du couple.(fredonner l’air dans sa tête sans parler est une façon de montrer qu’on est dans la musique)

  • Sentir de l'unicité dans le couple

  • accepter le côté masculin et féminin de chacun

  • Un bon tango, c'est quand à la fin du morceau, on n'arrive pas à se lâcher. D'où le fait de rester quelques secondes encore en abrazo.(oui, j’adore, se laisser « infuser » !)

 

Autres gênes ou idées de solutions

  • parler ou discuter après le morceau de musique et non pas pendant. (Ne pas se prendre pour un professeur sur la piste : « chut ! On danse ! » Est à la fois un devoir de courtoisie, un respect de la musique, une éthique « dancistique », une preuve d’humilité…, ce qui ne doit pas empêcher un échange sur les ressentis autour d’une collation à la charge du Monsieur bien sûr !)

 

 

Les non-dits, les attentes inconscientes,

les représentations, les fantasmes…Essai.

La milonga, un lieu de partage convivial ou une micro-société de castes… ?

Le fait qu’il y ait des débutants signifie que la chaine de renouvellement ne se coupe pas et ainsi viendront les intermédiaires et les avancés et peut être des Dj, des animateurs, des professeurs…. C’est à ces gens qu’il revient d’aider, d’entourer, de rassurer, de conseiller avec simplicité, et de partager la danse pour que la famille milonguéra s’agrandisse, se diversifie et évolue…Pour que les milongas se remplissent et prolifèrent…pour le bonheur de tous.

Ainsi la démocratisation du tango se réalisera dans sa finalité la plus pure.

Aussi, le refus de danser avec un danseur dont on estime qu’il n’a pas le même niveau que le sien

est un véritable obstacle à cette démocratisation, un problème en milonga et donc, un enjeu de formation dans les cours…

Plutôt que de dire : « je ne danse pas avec un … » ne vaudrait-il pas mieux se poser la question de savoir comment bonifier sa danse en dansant avec un niveau perçu comme plus faible ?

C’est aussi une réponse à un principe de réalité et d’économie : comment optimiser son déplacement dans une milonga alors que ses partenaires-amis ou des danseurs perçus comme faisant partie de son « monde » ne sont pas là ?

Hélas, je n’ai pas de réponses, mais j’y travaille…

L’autre jour, après une fermeture je repars pied droit et je m’attends à ce que ma partenaire débutante parte avec son pied gauche, mais en laissant son poids du corps sur son pied gauche malgré mon guidage, elle part avec son pied droit…Quelle importance je l’ai fait croiser et je rassemblais mon pied gauche à mon pied droit… !

Mais connaissant son niveau, j’aurais dû m’attendre à cela et après la fermeture repartir avec mon pied gauche en système parallèle …. !

Quelle importance ?

Comment se bonifier en dansant avec un partenaire perçu comme « plus faible » ?

Quelques pistes dans mon cerveau en ébullition de tanguérito :

Travailler son adaptabilité, son anticipation-coïncidence, réviser ses gammes, s’échauffer…et parfois sur ce chemin de l’aventure avoir de belles surprises…et sans doute la plus belle des récompenses : un beau sourire et un merci !

 

Alors : Ego / altruisme ? Rétention / transmission ? Fermeture / ouverture ?

 

Le syndrome du superman ou du prince charmant tanguero…un fantasme très féminin !

 

Avec la pratique, les échanges, les réussites et les échecs, l’expérience de la vie, il me semble que les « femmes-milonguéras » sont dans une attente énorme, d’un je ne sais quoi inaccessible à l’homme, qui les rend follement heureuse mais aussi profondément malheureuse…

 

La milonga, une promesse de quelque chose de merveilleux éclairant la routine quotidienne ?

La milonga permet-elle de retrouver sa part de sensualité féminine ?

La nuit milonguéra promet-elle de nouvelles « aventures » dans de nouveaux abrazos ?

Dans chaque mirada l’espoir de cet amour tant espéré et désiré ?

Chercher à retrouver ce moment de bonheur qu’est le regard profond dans les yeux de l’autre, avant l’abrazo pour plus tard s’y perdre et se laisser aller ?

Retrouver ce sentiment d’être la femme la plus importante dans ses bras ?

Quel tango a été vendu par les « marchands du temple de l’Emotion ?

Quelles interprétations psycho-affectives du tango ?

Pourquoi cette attente démesurée d’un monde merveilleux ?

Pourquoi cette recherche éperdue de sécurité ?

Et si ce tanguéro n’existait que dans l’imaginaire singulier de chaque tanguéra ?

Et si l’homme ne pouvait donner que ce qu’il sait faire à un instant « T » ?

Et si les femmes apprenaient le rôle du cavalier ?

Et si le tango était appréhendé d’abord et surtout comme une activité de loisir, de plaisir gratuit et ludique dans un cadre convivialité ?

 

La marche cette activité humaine d’exploration de l’espace !

 

"L'homme jeune marche plus vite que l'ancien.  Mais l'ancien connait la route".

 

Il se dit et se lit souvent que…« les femmes préfèreraient un cavalier qui les fait marcher sur la musique à un danseur qui déballerait son catalogue de figures… » !?

Je me méfie des dogmes et des réponses toutes faites, cette affirmation demande à être discutée et il faudrait critiquer la façon dont est posée la question. Une question fermée avec un choix binaire apporte une réponse du même type !

D’autre part, il serait bon de croiser les réponses selon le niveau d’expertise des danseuses…

Que répondrait une milonguéra si on lui demandait : « préfèrerais-tu un cavalier qui danse sur la musique ou qui interprète la musique ? »

Alors qu’il est rarement possible dans une milonga blindée de faire plus de un ou 2 pas !

Qu’est-ce qu’on entend par marcher ?

Une représentation fausse de la belle marche n’est-elle pas entretenue par des vidéos sur you tube ou des spectacles de scène, lorsque le couple est seul sur 100m2 ?

Il serait bon de poser la question à plusieurs professeurs et de faire émerger les invariants, d’identifier les options idéologiques d’apprentissage, de modèle, de style…

Par exemple : un ocho cortado est-il compris comme faisant parti de la marche ?si oui, alors les changements de sens font partie de la marche… !

La marche est-elle un lien entre 2 figures ou une figure intégrée à la marche ?

Et si dans un tango un cavalier propose une dizaine de pas différents plus ou moins complexes réalisés à tempo, dans un abrazo confortable, sécurisé avec un guidage clair ?

 

« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

 

Pourquoi des femmes matures, bien habillées, maquillées, parfumées, coiffure arrangée au style très milonguéra restent souvent assises, et ne sont pas souvent invitées ? « planchar » comme disent les argentins !

Les hommes sont-ils si « dégueulasses » que ça ?

Plutôt que de se plaindre de l’absence de courtoisie des hommes ou de vilipender leur vil penchant fantasmagorique pour des jeunettes milonguéras ne vaudrait-il pas mieux de repenser leur approche et de travailler le couple « mirada-cabécéo » voire de concevoir un autre système « mirada-cabécéo » ?

Sommes-nous toujours et encore dans ce cadre rigide où l’homme ordonne et la femme obéit ? où l’homme prend l’initiative d’inviter et la femme attend sagement dans son coin ?

Réception ou intrusion ?

Je note comme une sorte de recul de la condition de la femme à respecter ce code dans ce cas là et de ne pas chercher à se jouer des codes !

Rester assise dans l’expectative, dans l’espoir de l’arrivée du « Prince Charmant » qui viendra la délivrer de son attentisme (syndrome de Blanche neige, de La Belle au bois dormant, de Cendrillon...) ou se lever et provoquer un contact stratégique du côté du bar, de l’endroit où il y a le plus d’hommes qui attendent ?

« Bonsoir, j’aime bien votre façon de danser sur Di Sarli, puis-je caresser l’espoir d’être invitée à la prochaine tanda ? » et flatter…

« Coucou, saurez-vous me faire danser aussi bien que la dernière fois ? » et défier…

« Eh, toi ! tu ne pars pas sans me faire danser ! » et ordonner…

Je milite pour une critique sociale du couple « mirada-cabécéo » !

Ce côté « vintage » du tango m’exaspère…

Alors : Tradition ou innovation ? Anciens ou Modernes ? Hors du temps ou dans son temps ?

 

Commentaires

Comment: 

Bien sûr se lever et venir parler aux hommes et femmes près du bar ou de la piste se révèle souvent efficace et je trouve cela très bien mais personnellement je reste convaincu qu'une danseuse (notez bien, je n'écris pas une femme) qui adresse un regard appuyé, joliment accompagné d'un sourire, à un danseur (notez bien...) a de fortes chances que ce dernier l'invite.

En tous cas personnellement je réponds le plus souvent positivement à cette invitation si je n'ai pas déjà dansé avec cette personne dans la soirée.

La mirada n'est pas la propriété du danseur et ce n'est pas une question d'homme/femme mais de danseurs(ses) qui s'invitent. Il n'y a donc pas à se gentir gêné(e) !

 

Comment: 

La Mirada doit être réciproque, un homme ou une femme doivent pouvoir s'inviter, ce n'est pas l'apanage des hommes d'avoir le privilège d'inviter, les femmes doivent aussi inviter par un joli "cabécéo" les hommes de leur choix.