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Le Tango Argentin: une passion…..à bien contrôler !

Quel homme n’a pas éprouvé du plaisir à tenir une femme dans ses bras et à l’emmener au son de la musique autour de la piste de danse ?

Le tango argentin est une de ces danses dites de salon où le contact rapproché avec la/le partenaire est non seulement autorisé mais de rigueur ! C’est une danse très technique et il vous faudra, Madame et Monsieur, plusieurs mois avant de commencer à en maîtriser quelques aspects et à prendre un peu de plaisir.

Car il ne s’agit pas de faire n’importe quoi avec votre partenaire. L’homme doit savoir guider sa cavalière, c’est à dire lui donner les signes à travers l’attitude de son corps, son buste principalement, qui lui permettront de se diriger dans la bonne direction. Quand elle n’est pas en train de se déplacer en faisant un pas, qui peut être dans n’importe laquelle des 4 directions, la femme doit être stable sur un pied, sous peine de se retrouver en déséquilibre, et alors attention à l’embardée sur le côté avec entraînement de son cavalier dans une direction qu’il n’avait pas choisi. Car vous l’avez deviné, c’est Monsieur qui décide ! Qui décide de la direction, de la figure à réaliser, et du rythme. Rassurez vous madame a aussi son mot à dire, car il y a des moments prévus pour cela, pendant lesquels elle pourra prendre son temps, monsieur devra attendre…, en faisant virevolter une de ses jolies jambes, majestueusement, avec volupté,  elles adorent ça…

Le rôle de la cavalière est très délicat car elle doit être constamment à l’écoute de son partenaire afin de capter l’information sur le prochain pas à accomplir, elle doit réaliser ce pas à la bonne vitesse, entraînée à la fois par le tempo musical et par son cavalier bien sûr, car c’est un couple qui se déplace sur la piste de danse, et l’accord doit être parfait ! Voilà au moins une occasion où homme et femme doivent être en accord parfait… Et oui, vous l’avez compris, cette danse est une affaire de passionnés, aussi les couples sont ils tout à fait illégitimes, on s’enlace, on se fait un abrazzo, on est en communion, en symbiose, mais c’est le temps d’une série de trois danses (minimum, c’est la règle), et ensuite on retourne sur sa chaise pour attendre le prochain cavalier ou bien on part en chasse de sa prochaine cavalière.

Il arrive parfois que les danseuses invitent leurs cavaliers, ce qui est bien agréable pour les hommes, pour une fois on a l’impression d’être choisis, quel bonheur ! C’est en effet possible parce que les tangueros finissent par se connaître, c’est une grande famille, et au cours des différentes milonga on retrouve souvent quelques uns des membres de son cours de tango argentin.

Mais avant de terminer cette petite note, il faut absolument que je vous dise quelque chose de très important : je décline toute responsabilité envers ceux qui deviendraient, après avoir lu ces lignes, « accro » à cette danse. J’en connais qui y passent presque toutes leurs soirées…

Quand on entre dans ce club des danseurs de tango argentin on en devient tellement passionné que plus rien d’autre ne compte. C’est une  nouvelle figure extra qu’un copain nous montre dans un coin de la salle,  c’est un stage mené par des maîtres es tango auquel il faudra absolument s’inscrire, c’est un CD qu’un autre a ramené de son dernier voyage à Buenos Aires, la Mecque du tango, et qu’il faut absolument écouter …

Pour les célibataires c’est un paradis, qui a tout de même ses revers car les soirées libres deviennent très rares, mais qui offre ce plaisir incontestable de rencontres et de contacts « rapprochés ». Mais là aussi, dernière mise en garde, n’allez pas vous faire des illusions sur la déesse que vous avez prise dans vos bras, ou le merveilleux apollon qui vous a si bien guidé madame. Vous serez considéré uniquement comme un  partenaire de danse, avec d’ailleurs une cote qui variera avec le temps et votre degré d’expérience. Dans ce domaine du tango argentin on s’enlace mais le cœur reste au vestiaire. On apprécie Piazzola ou le Nuevo Tango, on pose sa tête délicatement sur celle de son partenaire pour entrer en communion avec lui, mais c’est pour le temps d’un tango….

Et heureusement car il arrive très souvent que des couples mariés n’aient pas le même intérêt pour la danse. Mais s’il connait bien ces codes spécifiques du tango, c’est sans aucune inquiétude (..!!??…) que monsieur ou madame laissera son conjoint s’adonner à sa passion.

Alors courrez vite vous inscrire aux prochains cours, une école vient justement de s’ouvrir au coin de la rue …

PS: j’ai rédigé cette note quand j’étais tanguero débutant. Ma vision a bien sûr évolué depuis quelques années, et je crois qu’aujourd’hui je développerais différemment la dernière partie concernant la psychologie des tangueros…

Claude Gosselin

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