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On fait une petite pause ?

Elle tourne, elle tourne, elle fait des huits en avant, en arrière, et ça non stop depuis 3 minutes au moins ! Je me demande comment elles font pour supporter…

On a de la chance ce soir on n’est pas trop serrés, pas de problème pour gérer l’espace!

Une autre tanda démarre avec une musique plus douce et plus lente. Cette fois ci pas question de virevolter…

Elle tourne, elle tourne, elle fait des huits en avant, en arrière, et ça non stop depuis 3 minutes au moins ! Je me demande comment elles font pour supporter…

On a de la chance ce soir on n’est pas trop serrés, pas de problème pour gérer l’espace!

Une autre tanda démarre avec une musique plus douce et plus lente. Cette fois ci pas question de virevolter, du calme! Et je me souviens de ce que j’ai souvent observé chez les maestros et chez certains bons danseurs, les instants où on ne bouge pratiquement plus. Comment est ce possible ? Mais que va-t-elle penser si je reste sur place sans rien faire pendant …plusieurs secondes?

Je décide de tenter l’expérience. A la fin d’une phrase musicale nous nous retrouvons tous les deux face à face, chacun sur un appui, ce qui laisse à ma partenaire la possibilité de faire quand même quelques mouvements avec sa jambe libre si elle le souhaite. On respire, et on se stabilise, cela semble durer une éternité…c’est pourtant 3 ou 4 secondes seulement, mais que c’est bon!

Elle semble me faire confiance, pas de marque d’impatience de sa part. Je ne vais pas rester là encore trop longtemps, il faut que je reparte, sur mes 4 pieds!

J’en profite pour faire très rapidement le point sur la position de mon corps, de mon axe par rapport au sien et je redémarre en avançant légèrement mais fermement le buste. Elle a suivi, comme sur des roulettes…

J’enchaîne un petit pas de côté, un huit arrière, et je remercie la capacité de mon cerveau à gérer tous ces évènements en quelques fractions de seconde!

Revenons à cette histoire de pause.

C’est excellent pour faire un point rapide, calmer le jeu, prendre conscience de sa/son partenaire. Que c’est bon de souffler un peu, de prendre le temps de récupérer.

La pause au tango, c’est comme dans la vie, il est nécessaire de faire le point de temps en temps avant de mieux repartir. Prendre conscience de ses imperfections, mais aussi se rassurer sur ses atouts.

Sentir le corps de son/sa partenaire immobile contre soi c’est se sentir un peu nu; il n’y a plus le « prétexte » du mouvement, plus de barrière en quelque sorte! C’est une sensation qui peut être embarrassante pour certaines personnes, on est tous les deux dans la même « bulle »  pendant un bref instant…Est-ce que je vais sentir une réaction de rejet de sa part ou au contraire un bien être?

C’est pourquoi la pause devra être gérée avec …doigté, en gardant ouverte son écoute de l’autre…et de soi même…

En conclusion : Je vais rassurer les tangueros débutants ou ceux adeptes de la conduite éloignée, cette forme de « recherche » peut conduire rapidement à prendre du plaisir, certaines tangueras adeptes du milonguero ne me contrediront pas :-)!

Alors pour nous les mecs c’est tout bon, mais il ne faudra pas en abuser quand même…:-)!

Claude Gosselin

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Commentaires de la publication originale:

Tout cela est très juste Claude, la pause, outre ses vertus musicales, permet au cerveau de respirer et au corps de prendre le dessus, à condition effectivement de ne pas en abuser pour transformer un sentiment de bien être partagé en simili accouplement comme certains en donnent parfois l’impression.

C’est toute la richesse du tango pour un danseur désireux d’approcher la légèreté de la sensualité qui vient s’ajouter aux instruments de l’orchestre et à la voix de l’interprète si par chance le morceau est chanté. J’écris par chance car pour moi le tango totalement instrumental est moins riche de sensations, en tous cas pour la danse.